Java & l’ascension nocturne du volcan Kawah Ijen

Hey,

Sorry pour le délai, je voulais vous faire un petit, voir plusieurs petits post concernant mon voyage en Indonésie, mais avec le nouveau job, je n’ai pas vraiment eu le temps jusqu’à maintenant. Je vais donc revenir sur mes 15 petits jours à l’autre bout du monde à travers plusieurs articles. Je suis partie en décembre dernier en Indonésie avec mon meilleur ami Jo, et deux de ses amis, nous avons parcouru 4 îles en 15 jours : Java, Bali, Gili Trawangan et Lombok.

J’ai planifié le voyage de la façon suivante, en fonction de mes envies pour pouvoir voir un maximum de choses. Autant dire que nous avons pas mal bougé 😉
Java : 3 jours
Bali : 6 jours
Gili : 3 jours
Lombok : 2 jours

Commençons par le commencement et donc par l’île de Java. Nous avons atterri à Jakarta et avons directement repris un vol pour Yogyakarta.
Jakarta ne m’intéressait que moyennement, j’avais vraiment envie de voir les temples bouddhistes avant de filer faire l’ascension du Volcan Kawah Ijen.

Arrivé à Yogyakarta nous nous sommes précipités à l’hôtel pour déposer nos bagages pour ensuite pouvoir filer faire les Temples de Borobodur, le plus grand temple bouddhiste au monde. Arrivé à l’hôtel, nous avons vite déchanté. Nous avions choisi un endroit à proximité de l’aéroport pour pouvoir reprendre un vol tôt le lendemain matin. Parce que bon, il faut l’avouer les premiers jours étaient volontairement éclairs pour pouvoir passer 2 jours dans un village de mineurs à l’autre bout de l’île. Nous nous sommes retrouvés dans un quartier délabré en plein travaux avec un hôtel qui n’était même pas terminé. Evitez donc le Core hôtel 😉 les photos sur booking étaient très bien, mais rien n’y ressemblait et la piscine n’était même pas commencée. Merci la marche de nuit en tong sur une route à grande vitesse sans trottoir XD

Bref, une fois un déjeuner engloutis et le taxi négocié (500 000 roupies indonésiennes) nous nous sommes mis en chemin pour Borobodur. Comptez une bonne heure de route, il y a énormément de circulation. Nous sommes arrivés en début d’après-midi. Le chauffeur nous a arrêté 20 min avant le temple et nous a trouvé des billets à 250 000 roupies par personnes à la place de 265 sur place. N’ayant pas peur quand le taxi vous propose cette combine, ce n’est pas une arnaque ! Bon plan surtout qu’on nous a offert une bouteille d’eau à l’entrée, sous 35°, c’est plutôt sympa. Nous sommes arrivés en début d’après-midi. Les gens sont vraiment gentils, plus qu’en Thaïlande 😉

Nous commençons la visite, pas un seul touriste, enfin que des Indonésiens, ça fait du bien. Je me dis que c’est parce que je suis en débardeur, j’avais pourtant bien prévu le pantalon… Bref, on continue de monter les marches et on arrive en haut, c’est juste magique de voir cette architecture au milieu des montages.


Je sens de plus en plus les regards sur moi, je me dis ok, ils n’ont jamais vu de touriste mourir de chaud en plein soleil. Une première vague d’étudiants vient me voir pour me demander une photo. Les demandes s’enchaînent, je n’ai pas pu faire 5m sans que quelqu’un veuille me prendre en photo. Ça en devenait vraiment gênant. J’ai dû faire une soixantaine de photos hahah. Un de mes amis leur demande pourquoi, si je suis une actrice connue chez eux, il essaie même de leur faire croire que j’en suis une. Finalement, on comprend qu’ils me trouvaient vraiment belle et qu’il est très rare pour eux de voir des peaux blanches, que c’est un synonyme de beauté et de richesse. J’avais un peu l’impression d’être l’attraction de leur journée. J’ai rarement rencontré des gens aussi gentils et respectueux que les Indonésiens.
Attention le lieu ferme à 17h donc il vaut mieux y aller pour le lever de soleil !


À la sortie du temple, une multitude de vendeurs nous tombent dessus, j’étais étonnée d’en voir autant, encore plus qu’en Thaïlande.
Je vous déconseille de boire une noix de coco en sortant de la visite, elles ne sont pas fraîches et le jus de coco chaud ce n’est pas top, préférez les boissons réfrigérées même s’il n’y en à pas beaucoup.
Le lendemain, nous partons pour Baniuwangi, je trépignais impatience, c’est l’étape qu’il me tardait le plus de faire, l’ascension de nuit de ce volcan, j’en rêvais. Grosse galère pour rejoindre cette étape sans perdre trop de temps. J’ai passé plusieurs jours à chercher la meilleure solution. Nous avons d’abord pris un vol pour Surabaya puis pour Baniuwangi avec Wings air. J’ai pris les billets sur Tiket.com, nous n’avons eu aucun problème avec ce site sur la globalité du séjour. Cela nous a couté 1.222.000 IDR par personnes soit 89€ pour le transfert en avion. Vous pouvez aussi prendre le bus, mais vous perdez toute une journée dans les transports. Si vous passez plus de temps sur cette île, vous pouvez trouver des circuits organisés qui vous proposent de faire le mont Bromo juste avant le Kawah Ijen. Vous pouvez aussi le faire avec nos guides d’amour que je vous présente pus bas !

Nous arrivons à Banjuwangi en fin de matinée, l’aéroport est minuscule, 1 seul tapis à bagages de 2m de long, je n’avais jamais vu ça de ma vie, c’était juste hyper drôle.

C’est là que nous rencontrons Chunk et M. Paing notre guide et notre chauffeur pour les 2 prochains jours. C’est grâce au blog Keep Time for blabla, love & travel , un couple de Français qui font le tour du monde, que j’ai trouvé cette petite pépite. 2 jours immergés dans un village minuscule complètement à l’est de l’île avec des mineurs qui nous emmèneront gravir le volcan Kawah Ijen de nuit. Nous embarquons directement pour 1h de route pour rejoindre leur petit village de mineurs qui n’existe même pas sur Google map. Sur le chemin, nous commençons à voir les premières rizières toutes vertes, c’est juste sublime, la route elle par contre est escarpée et assez impressionnante.
Arrivés à Gelondok, la pluie nous surprend, nos guides nous installent donc dans la maison de M. Paing, qui sera notre chauffeur. La maison est hyper mignonne, les chambres sont très bien et propres.


La femme de M. Paing nous sert immédiatement à manger et le café. alala le café indonésien… Pour une grande malade de café comme moi, c’était juste un bonheur. Il est issu de la production locale et est servi sans filtre directement dans une tasse avec du sucre. Très vite, on enlève nos tongs et on marche pieds nus dans les flaques d’eau et les chemins boueux. Pour une grande malade de café comme moi, c’était juste un bonheur. Il pleut toujours, on décide donc de jouer aux cartes sous la surveillance de Nicolas Hulot, le chat de la maison. Lorsque la pluie cesse, Chunk nous propose de faire un petit tour. Nous découvrons un village minuscule avec une seule rue et une école. Les gens sont extrêmement contents de nous voir, ils ne comprennent pas beaucoup de mots même en anglais, il n’y a que Chunk qui parle assez bien français et anglais. Nous comprendrons vite qu’il est amoureux de notre langue et qu’il essaie d’apprendre d’autres langues aux enfants du village.

Le village est entouré de rizières et de plantations de piments. Très vite, on enlève nos tongs et on marche pieds nus dans les flaques d’eau et les chemins boueux. Chunk nous fais marcher dans les rizières déjà récoltées, la sensation est hyper bizarre, je m’enfonce dans une boue chaude et gluante, flippant, mais hilarant. La vue est incroyable et juste magique, le soleil se couchent doucement sur les plantations et les cocotiers. Je me sens seule au monde, le moment est juste complètement inattendu, beau et apaisant. Le bonheur !

Chunk nous fais goûter de la canne à sucre, des petits piments bien pedasse comme ils disent (piquant) et prends quelques fruits que l’on goûtera plus tard avec le dîner. La nuit tombée, nous retournons chez Monsieur Paing ou nous rêvons de boire une bière. Nous apprenons très vite que l’alcool est interdit sur l’île et missionnons donc Chunk qui file au marché noir nous en chercher. Nous décidons donc d’offrir une grande bouteille à nos hôtes pour les remercier de leur immense gentillesse. Pendant ce temps, nous ne pouvons pas faire grand chose, car l’électricité est coupée dans tout le village. Nous nous installons donc dans une petite cabane qui sert de place du village en face de la maison. Très vite les habitants viennent vers nous. Ils n’ont pas vraiment l’habitude de voir des touristes et sont assez curieux. Tous les enfants sont autour de nous et nous font goûter tout un tas de choses. Pour les remercier, nous commençons à chanter en français, tout le village se retrouvent vite autour de nous dans la nuit noire. Je ne vois personne, mais le moment est incroyable. Les enfants essaient de chanter aux champs Elysées avec nous, puis du Brassens, c’est magique. Je ne vois que les lucioles qui vagabondent dans la nuit noire. Un moment de partage unique et mémorable. Chunk revient avec les bières. M. Paing et sa famille nous laissent dîner ensemble dans le plus grand respect.

Minuit et demi, je me réveille et enfile un pantalon, un pull, une paire de baskets et ma doudoune uniqlo, il fait froid la nuit lorsque l’on est en montagne. Chunk nous donne nos lampes de poche et nos masques à gaz et on file vers le volcan qui est à une petite heure de route avec M. Paing.

Monsieur Paing décide de rester dormir dans la voiture pendant qu’on fait l’ascension du volcan.

Pour la petite histoire, Le Kawah Ijen est l’un des 250 volcans de l’Île de Java et est un volcan explosif actif. Sa dernière éruption date de l’été 2002. Il se situe à 2386 mètres d’altitude. On y trouve un lac, réputé comme le plus acide de la planète, du fait des vapeurs toxiques du volcan qui se dissolvent dans ses eaux. Il est également réputé pour son soufre, sortant des colonnes de fumée, appelées des solfatares. Elles s’échappent du volcan à l’état gazeux et sont canalisées via de gros tuyaux. Refroidies par l’eau du lac, grâce à une pompe, les fumées passent à l’état liquide pour finir par se cristalliser. Les porteurs cassent ensuite les blocs à la barre à mine afin de charger leurs paniers. Le soufre servira ensuite au raffinement du sucre ou encore à la production de produits de beauté. Ce volcan a été médiatisé par Nicolas Hulot, d’où le nom du chat de monsieur Paing.

Le premier panneau annonce le cratère à 3km, une marche accessible à tous d’après les renseignements que j’avais pris au paravent. Ça monte quand même beaucoup, nous sommes vite essoufflés alors que nous sommes quand même assez sportif enfin bref. Nous avançons dans la nuit noire et ne sommes pas seuls, il y a pas mal de petits groupes de touristes indonésiens sur le chemin et surtout des mineurs qui redescendent déjà le souffre. Petit arrêt pour que Chunk nous explique les règles dans le cratère et les consignes de sécurité. Il est très important de ne pas gêner les mineurs et de faire bien attention, car les petits chemins dans le cratère sont assez instables.

Arrivés en haut au bout d’une heure, il fait toujours nuit, mais nous sommes heureux qu’il n’y ait pas de brouillard. Nous allons pouvoir voir les magnifiques fumées bleues tant attendues. Ce sont des vapeurs de soufre qui s’échappent du cratère à une température de 200 degrés qu’il n’est possible d’apercevoir que la nuit.

Fumerolles bleues du volcan Kawah Ijen

Nous commençons la descente et ne tardons pas à enfiler les masques, les fumées, nous font immédiatement tousser. Le chemin est très escarpé, il n’y en a pas vraiment, nous marchons sur les traces des mineurs qui parcourent ce chemin toutes les nuits entre 21h et 5h du matin avant qu’il ne fasse trop chaud.

Les fumées bleues sont juste splendides, un spectacle de la nature juste incroyable, je ne pensais même pas que cela pouvait exister. Chunk m’emprunte mon téléphone à plusieurs reprises, mais me demande de ne pas bouger, il ne veut pas que je m’approche des flammes et file me faire des photos. Il ne porte pas de masque et tousse beaucoup à cause de la fumée, j’en suis malade pour lui, mais c’est comme ça là-bas, les mineurs ne veulent pas porter de masques pour ne pas être ralentis dans leur travail, d’où leur faible espérance de vie ;(

Doucement, le soleil se lève, je vois enfin le cratère et son magnifique lac de jour. Je croise enfin le regard des tous ces mineurs autour de nous qui triment sans cesse pour quelques roupies (1kg de soufre vaut environ 5 cts d’€). Chunk nous explique qu’ils portent jusqu’à 100kg dans leurs petits paniers en bambou. Avec Yannick, nous demandons à l’un d’entre eux si l’on peut essayer de porter ce qu’il a sur les épaules, environ 60 kg. Impossible de décoller les paniers de la roche.

Je remonte doucement et avec attention et j’ai les larmes aux yeux lorsque je croise le regard de ce vieil homme que je vois souffrir avec son sac de soufre sur le dos. J’avais lu dans le routard que les mineurs adorent qu’on leur offre une cigarette, je donne quasi tout mon paquet à ceux que je croise.

Lorsque j’arrive en haut, la vue est somptueuse, le soleil est levé et l’on voit le lac d’un bleu assez incroyable. C’est l’heure du repas de certains mineurs que j’observe tant que je peux, je ne veux pas perde une miette de ce que je vis.


Il est temps de redescendre retrouver M. Paing, mais avant Chunk nous demande de nous placer face au volcan et de nous donner la main pour remercier la nature de nous avoir offert ce moment ! Je mets tout bêtement à pleurer lorsque je croise le regard de mon meilleur ami. Nous n’avons dormi que quelques heures et je réalise que c’est le plus beau moment de ma vie.


Nous redescendons tout ce que nous avons monté de nuit et découvrons enfin le paysage incroyable qui nous entoure. Ça glisse pas mal et les genoux souffrent, mais ça en vaut tellement la peine.


Arrivés en bas M. Paing nous attend et nous partons pour les cascades où nous avions prévu de nous baigner avant de retourner au village. Sur la route, nous nous arrêtons devant une plantation de café ou Chunk nous explique les différentes variétés qu’il y a en Indonésie à savoir : l’arabica qui pousse dans les montagnes avec une teneur en caféine plus faible que le Robusta. C’est celui qu’on a dégusté et qui est la principale sorte autour de leur village. Vient ensuite le Salsa qui pousse également à proximité village. Ils se distinguent principalement par leurs feuilles.

À quelques minutes du village, nous tombons sur des personnes en plein travail dans les rizières. Dans cette partie de l’île, le travail est encore réalisé à l’ancienne avec les vaches. Je n’en crois pas mes yeux et m’empresse de partir à la rencontre de cet homme qui sourit instantanément en me voyant, mais qui ne comprend pourtant pas un mot de notre langue. C’est comme si le temps s’était arrêté pendant l’espace de 10 minutes.


Nous retournons ensuite au village ou nous déjeunons avant repartir pour le ferry qui nous emmènera vers Bali. Le déjeuner est extrêmement bon comme à chaque fois, tout est préparer avec ce qui pousse autour du village, un bonheur.


À la fin du repas Chunk me demande de le rejoindre près de l’arbre en face de la maison et me montre une énorme araignée jaune et noir. Je bondis en hurlant et les garçons me rejoignent. Chunk la prend sur lui et la pose sur Jo. C’est plus fort que moi, je ne peux pas rester à proximité. Les enfants du village sont hilares en me voyant partir en courant. Jo se met à hurler puis ne dis plus un mot lorsqu’elle est sur sa tête, tout le village est autour de nous.

Je me rends compte que c’est la fin de notre aventure avec eux, je n’ai pas envie de partir, c’est passé trop vite, mais il est l’heure, nous devons prendre le ferry pour arriver à Bali à 13h ou notre prochain guide nous attend.
Avant de partir, nous donnons l’équivalent d’une journée de salaire à Chunk pour qu’il puisse aller voir sa femme est ses jumeaux le lendemain plutôt que d’aller travailler dans le volcan. Nous lui offrons aussi de petites peluches que nous avons récupérées dans l’avion et des produits de beauté pour sa femme. Chunk est une personne formidable dont le seul but est de vous donner le sourire pendant le séjour. Il aime son île et est heureux de pouvoir partager tout ça avec nous.
Sur le chemin du port, nous nous arrêtons rapidement à la sortie du village. Chunk nous fait découvrir un de leur fruit préféré, honnêtement ce n’est pas très bon :p il grimpe ensuite sur un cocotier et nous ouvre à chacun une noix de coco. Le pied, boire l’eau de la coco à peine cueillie. Je ne veux plus partir, je me sens trop bien dans ce petit village perdu sans téléphone, internet et compagnie.

Nous quittons Chunk et M. Paing au port, les larmes aux yeux et nous embarquons pour Bali.

Vous l’aurez compris, le voyage commence fort ! C’est une expérience que je vous conseille à tous si vous pouvez la faire. Pour les contacter, il suffit de vous rendre sur le site Ijen miner tour et de faire une demande au patron de Chunk et M. Pang.
Nous avons payé 34€ par personne pour les transferts aéroports/village, la nuit chez M. Paing, les repas, l’entrée du Kawah Ijen et le transfert retour vers le port… J’ai voulu négocier en réservant, mais franchement, je me rends compte que c’est honteux. Je pense que pour cette expérience, j’aurai même pu payer 500€ tellement elle était magique. Alors n’hésitez pas, foncez …

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